Les peintres du mois d’avril 2011

Publié: mars 27, 2011 dans peintures, arts
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Nouvelles toiles sur la page de Charles Bataille : A-Art2
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Port industriel du Havre : vendredi 22 avril 2011 : 8h00

Sur conseil des dockers rencontrés la veille, à mon arrivée, je pars explorer les nouveaux ports construits autour de la ville et de ses premières installations. Cette forêt de poutrelles et tapis roulants à quelque chose d’impressionnant. Les portiques de déchargement emplissent l’azur et les piles de containers colorés défient les lois de l’équilibre. Signe des temps, ils sont couverts d’idéogrammes chinois. Les machines fonctionnent, mais les hommes sont perdus dans l’immensité, confinés dans des cabines de pilotages minuscules suspendues au dessus des cales immenses des porte-containers. La noria des semi-remorques rend visibles quelques rares humains au volant de camions standardisés aux dimensions des conteneurs marine.

L’univers d’acier n’en finit plus. Les grues surplombent les cuves de pétrole arrondies. Les tours de cracking des raffineries déploient leurs superstructures au-dessus des horizons. Curieux mélanges de couleurs et de perspectives. Les verticalités tranchent sur une mer horizontale contingentée à des bassins de déchargement, de remorquage. Pourtant naviguent aussi des cygnes, des canards et les indéboulonnables mouettes et goélands, devenus au fil du temps suffisamment peu craintifs pour se jouer de l’activité des humains. Immense et surréaliste mais sans doute à taille encore humaine puisque produit de la main de l’homme, ce paysage, objet du quotidien des dockers qui y passent leurs vies, ne cesse de m’impressionner. Eux préfèrent la campagne. Finalement, moi-aussi, mais une incursion au pays des industries portuaires a quelque chose de fascinant. Navires, grues, camions et trains s’entremêlent. Ils entretiennent une confusion permanente entre terre et mer. Dans cet univers de métal, les constructions sont elles posées sur l’eau ou sur le sol ? Cet amas qui se déplace est-il un remorqueur, un train ou un portique automoteur à quai ? Les châteaux des navires trônent immobiles au milieu des bâtiments en dur, les pylônes sont mobiles et les ponts basculants. Mouvements inattendus mais savamment orchestrés, donnent à la cité portuaire un aspect mouvant où la lenteur des déplacements, paradoxalement, dégage l’impression de puissance.

Pierre Duriot

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Garchizy : le 19/04/2011
 

Christophe Alvès : « A six ans, je voulais dessiner Tintin ».

Un auteur de bandes-dessinées vit à Garchizy, sans bruit. Il concrétise jour après jour un rêve de gosse mené en autodidacte passionné. Dusty Dawn, Malgret et bientôt peut-être une nouvelle grande réalisation. Christophe Alvès raconte son parcours.

Que se passe t-il dans la tête d’un mioche de six ans qui lit Tintin à l’issue d’un apprentissage de la lecture en cours-préparatoire ? Des choses dont les adultes sont loin de se douter. Alors bien sûr, accéder au sens des textes de Tintin n’est pas très facile pour un petit, mais grand-mère est là, patiente, elle explique les mots compliqués. Le petit Christophe cogite au-delà des situations géopolitiques issues de la guerre froide et qu’il n’est pas encore en âge d’appréhender. Plus tard, il dessinera Tintin…  peut-être pas parce qu’il est déjà pris, mais un autre, dans le même style. Cette école belge de la bande-dessinée a résonné de manière puissante.

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Site de l’artiste

http://www.christophealves.com

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Nevers : samedi 9 avril à 16h00 – Galerie des Chapelains

Jean-Yves Guionet ou « le sensualisme »

Jean-Yves Guionet, maître peintre et membre de l’association ATEXFO (Atelier d’exposition et de formation), a formé beaucoup d’artistes peintres comme la neversoise Christine Albera. C’est d’ailleurs grâce à elle qu’il expose dans cette galerie. Il revendique dans ses œuvres la mise en avant de la création. Il s’appuie sur les travaux des neurobiologistes de ces vingt dernières années pour expliciter sa démarche : Il met en avant la création en passant par le regard rétinien, par opposition au regard cognitif et par l’empathie d’où le titre de son livre : « Sensualisme ». Il rappelle que la plupart des artistes font de l’art en partant des concepts, d’un sentiment, d’une pensée, du cognitif… alors que lorsqu’on est dans une démarche de création, le corps en se développant va créer par hasard, par accident.

C’est totalement imprévu ce souvenir d’un vécu. Il s’appuie donc sur la mémoire traumatique à travers son œuvre plus que sur la mémoire cognitive et a essayé de trouver un intermédiaire à travers la pratique : c’est la mémoire procédurale. La question que l’on doit se poser en regardant ses toiles selon ce dernier n’est pas : « Qu’est-ce que c’est ? » mais « Comment c’est fait ? ». Jean-Yves Guionet dit que « la création passe par une très grande sensibilité », qu’on « fait preuve de plus d’appréhension de son environnement car on est dans une situation de difficulté. On a alors une réponse intuitive qui vient des émotions en fonction de ce qu’on a déjà vécu. Il faut avoir confiance en son corps, son savoir faire et intuitivement, la réponse vient ». En s’arrêtant à la simple perception visuelle, on observe très vite une profusion de couleurs qui peut laisser à penser à cette profusion d’informations, de stimulus visuels dont nous faisons l’objet à l’heure actuelle et qui peut rester dans la mémoire traumatique –  et des effets de matières, des traces qui semblent exprimer différents états d’âmes. 

Par exemple, Mélancolique et Vallée de Larmes qui sont deux versions de la même œuvre ne laissent pas la même impression. Tandis que la première avec des couleurs vives, des traces de peintures plus nettes laisse ressentir un sentiment de tristesse plutôt supportable car les couleurs sont attractives ; la deuxième, dégage une tristesse moins soutenable avec cette peinture qui dégouline et ces couleurs plus ternes. Cela lui donne un effet plus tragique. Avant de laisser votre empathie et votre mémoire traumatique s’exprimer en regardant les photographies de certaines de ses toiles, citons une dernière fois l’artiste qui ose, à juste titre, dire le contraire de Descartes : « Je suis donc je pense, ce sont donc nos sens qui font notre intelligence ».

Gwenaële Boukder

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Nevers : le 09/04/11 : Ah la vache, quel Bataille !

Ces vaches aux garrots et bassins carrés avec des ventres ronds, Charles Bataille les a eues sous le nez tous les matins pendant des années, en Champagne. Quand il est venu en Nièvre, elles lui manquaient, alors il s’est mis à les peindre, non pas comme elles étaient, comme des vaches. Pas non plus comme le sont les vaches d’ici : blanches. Non, il a fait des vaches Bataille. Il a ainsi gardé le fil rouge de toute sa carrière.
 
 
Il peint d’instinct, à l’influx, il improvise. La forme carrée est devenue la matrice d’une oeuvre nouvelle, déclinée dans des paysages à l’infini, aux arbres cubiques, aux nuages en pavés cotonneux. Tu te parallèlépipédises, lui lâche un admirateur. En quelque sorte. Charles accouche d’un monde nouveau, en perspective, avec des pesanteurs non newtoniennes, des espaces non euclidiens, un style encore une fois non répertorié. Les vaches grouillent au raz du gazon, les arbres à la Le-Notre s’empilent comme des parpaings verdoyants et la couleur oscille entre moquette d’hôtel et green de golf. Allez savoir. Bataille a repris d’anciens thèmes, à retrouver avec bonheur : la ménagère de moins de 50 ans, les toreros, Don-Quichotte, quelques fouillis architecturaux, mécaniques, des portraits.. tout un savoir faire étonnant, une émotion communicative.
 
 
Trois jours de vernissage, de rencontres en ce début avril et Charles Bataille a pris le temps d’expliquer, de recevoir. Il enthousiasme à la fois les visiteurs et ses amis peintres, à commencer par Lucien Verdenet qui l’accueille avec joie dans ses grandes écuries rénovées.

Pierre Duriot

 Chez Lucien Verdenet, au Guétin, durant tout le mois d’avril. 02 48 80 45 44.

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Nevers : le 03/04/11 : Amnesty-International et l’art

Une exposition de photos itinérante proposée par le groupe national, une incursion aux pays de la pauvreté, de la souffrance et de l’exploitation habite les vieilles pierres du PAC des Ouches.  Amnesty-International, Nobel de la Paix, invite l’art au militantisme dans son grand thème sur la dignité humaine et les droits humains développé depuis 2009 et jusqu’en 2014. La puissance évocatrice de l’objectif, les cadrages, le travail sur les couleurs évoquent avec une acuité sans faille le réalisme d’un monde humain indigne, les arrières plans les plus sombres de la condition humaine. Pas de développement économique, pas de nourriture, la guerre ou la misère, des classiques sans doute dans des pays éternellement rongés par les népotismes et gangrenés par les corruptions. Mais il y a pire. Quand le développement économique traîne sont lot d’exploitation, par le travail des enfants, par une redistribution égoïste des bénéfices de l’activité au seul profit de grandes firmes internationales ou de dictatures, l’activité industrielle génère une nouvelle forme de misère et de violence,  un autre visage de l’indignité et du non-droit.

Amnesty dénonce, propose, informe,  à l’initiative du groupe local d’Amnesty emmené par son secrétaire Patrick Noyon. « Cette indignité, ces droits bafoués, sont certes l’apanage des pays les plus pauvres et des dictatures les plus violentes de la planète, mais le phénomène se rapproche, n’est plus uniquement cantonné à des zones traditionnelles de dénuement », explique-t-il.  Le vernissage avait lieu samedi soir, mis en musique par Aziz au clavier et Farid Oiliol au chant.

Pierre Duriot

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Nevers : le 03/04/11

 Isabelle Cornaro : éloge de la lenteur chez ARKO

Isabelle Cornaro sérieuse (En marinière rouge) avant le verdict des spectateurs.

Eloge de la lenteur, ode au temps qui passe doucement, le cinéma d’Isabelle Cornaro emprunte des trajectoires paraboliques, délaisse les lignes directes, en appelle aux méandres de la pensée, à la maturation des ressentis.  La galerie d’Arko était bondée samedi à 19 heures pour la projection des petits films de la brunette parisienne. L’ACNE fête ses 20 ans et tient à la faire savoir. Ce happening cinématographique entrait dans le cadre de cette accession à l’âge adulte d’une association qui n’en finit jamais de créer l’événement sur pellicule. Très contemporain, très hermétique donc, pas non plus vraiment esthétique, à comprendre comme souvent, les sept petits films d’Isabelle Cornaro ont fait le plein de spectateurs. Le public a eu l’air conquis, a compris, a parlé, interpellé la jolie jeune femme. Elle a expliqué, avec peu de mots mais qu’importe, le sujet a plu et la galerie ARKO a déversé sur la rue de Loire un public jeune et enthousiaste.

Pierre Duriot

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Nevers : le 28/03/11 : Jean-Louis Magnet, artiste nivernais, vient de nous faire part de sa prochaine exposition parisienne, en compagnie d’une sculptrice, sur le thème des « Fleurs et terres du Japon ». Couleurs florales, petits carrés multicolores, typiques du style actuel de Magnet voisineront avec les céramiques d’une artiste sur qui j’ai encore assez peu d’élément ! Jean-Louis Magnet devrait nous en dire plus. le vernissage aura lieu le jeudi 07 avril à Paris. Si quelqu’un se trouve là-bas par bonheur, qu’il n’hésite pas à m’envoyer une photo libre de droit à publier sur ce blog.

Amicalement : Pierre Duriot

Retrouvez les annonces de cette expo parisienne et des expositions à venir en Nièvre sur A-ART2

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