Les peintres du mois de mars 2011

Publié: mars 9, 2011 dans peintures, arts

Le 23/03/2011 : Par Gwenaële Boukdeir

Dimanche 20 mars 2011 : Centre d’art contemporain de Pougues-les-Eaux : Peggy Buth : « Desire in Representation »

Peggy Buth, artiste allemande de 40 ans expose pour la première fois en France.Elle a choisi pour ce faire le Parc Saint Léger. Cette exposition s’intitule Desire in Representation et clôt quatre années de recherche au Musée Royal de l’Afrique Centrale à Tervuren en Belgique qui faisait une sorte de « promotion » du colonialisme et présentait les habitants du Congo (colonie belge) comme des sauvages. Un œil novice aurait des difficultés à comprendre le sens des œuvres présentées et à établir des liens entre elles. Il est en effet nécessaire d’établir des liens car toute l’exposition a été imaginée comme une seule œuvre.En découvrant les œuvres seul, le visiteur peut se demander quel est le lien entre le colonialisme et des machines à écrire ou des cadres contenant des pronoms personnels…Par contre, on sent tout de suite un malaise avec ces couleurs vives à certains endroits, ces objets avec des pointes acérées, cette ambiance à dominante sombre et cette profusion d’informations visuelles et sonores.On a vite le sentiment que certaines choses ne sont pas à leur place et surtout pas telles qu’elles devraient être.Au fur et à mesure de la visite commentée (proposée dimanche 20/03 à 15h)  on découvre une atmosphère de plus en plus pesante voire oppressante.Il nous est expliqué que l’espace est dramatisé avec cette  « pénombre qui transforme l’échelle du bâtiment » et cette « lumière qui met en avant certaines œuvres de façon exagérée comme « Fireworks on the day of their arrival, after the welcoming speech » œuvre qui semble très gaie dans un premier temps mais qui génère très vite un certain malaise si on y regarde de plus près (« La moquette brûlée semble lacérée. »)Ainsi on comprend très vite que chaque œuvre a plusieurs niveaux de lecture et des liens.Toute l’œuvre semble ainsi osciller entre semblant et faux-semblant, mise en avant grossière ou suggestion discrète comme le livre Kalulu de H. M. Stanley perdu parmi tant d’autres mais situé dans une pièce « sur-éclairée ». Peggy Buth semble avoir suivi une démarche quasi scientifique pour certaines œuvres (Cf Plots), ce qui rappelle l’ambiance d’un musée mais avec des choses qui dénotent et laissent ressentir un malaise. Elle a été elle-même dérangée par l’instrumentalisation du musée de Tervuren  par le pouvoir politique. Elle a vu et nous laisse voir à travers ses œuvres que les historiens ont pu exprimer leur fantasme et leur imaginaire derrière une objectivité apparente : d’où le titre Desire in representation.

Gwenaële Boukdeir

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Le 17/03/2011 : Nevers-Rue de la Barre

L’Atelier-38

Des neiges de Haute-Savoie, par delà le Morvan, Bénédicte Notteghem-Gousseau a posé ses pinceaux rue de la Barre à Nevers avec la création d’un atelier associatif d’expression artistique. Elle est présidente et principale cheville ouvrière de l’Atelier-38 et anime trois séances par semaine d’expression sur le mode d’Arno Stern. Cette méthode basée sur l’expression guidée par l’inspiration personnelle s’adresse aussi bien aux enfants qu’aux adultes qui sont actuellement une trentaine à fréquenter les locaux de la rue de la Barre.

 

Bénédicte Notteghem-Gousseau

Mais Bénédicte n’a pas qu’un fer au feu. Elle mène de front l’animation de la salle d’exposition où sont actuellement accueillis les adhérents une association artistique du Morvan et également celle d’une chambre d’hôte située à l’étage, au-dessus des ateliers de pratique.

Mais la mission personnelle la plus exigeante est sans doute sa propre production artistique. Inspirée par  la voie excentrique chinoise, une période comprise entre le 9ième et le 13ème siècle, Bénédicte Notteghem-Gousseau, travaille essentiellement la couleur, passe du monotype aux encres et aquarelles, recherche la sensation du geste spontané…

 

 

Installée depuis moins d’un an, l’association est en cours de constitution, à la recherche d’une vitesse de croisière. Le vernissage de samedi dernier (Voir le reportage en dessous),  très suivi, a constitué un bel événement et la présidente compte faire du 38 rue de la Barre un lieu ouvert à tous les types de publics pour peu qu’une passion commune pour l’expression artistique anime les adhérents.

Pierre Duriot

Horaires des séances : le mardi 17-19h, le mercredi 16h30-18h30, le jeudi 10h30-12h30. 03 86 61 60 47 ou 06 65 39 22 67.

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Le 12/03/2011 : Le retour d’André Jung

Installé dorénavant à Sarzeau dans le Morbihan, André Jung effectue un magnifique retour dans la Nièvre avec une exposition acceuillie chez Frédéric Barbier. Des pastels, des sanguines et toujours un trait précis, fouillé, des sujets magnifiés, des campagnes lumineuses… Arrêtez, plaisantait l’artiste, arrêtez les compliments !

Mais rien n’y fit. Le peintre se bonifie et se bonifie encore. Les extraordinaires dessins d’arbres, les cieux et nuages étirés, les herbes folles, ont séduit l’ensemble des visiteurs lors du vernissage de dimanche après-midi en présence de nombreux artistes locaux. Surtout ne pas manquer cette apparition d’André Jung dans la Nièvre, sinon, il faudra aller jusqu’en Bretagne !

Pierre Duriot

Retrouvez sa page sur aart2.

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Vernissage de Morvan-58

Chaleureuse ambiance, samedi soir dernier rue de la Barre à Nevers pour le vernissage de l’exposition de peintures et de sculptures de l’association Morvan-58. Plusieurs dizaines d’œuvres, une belle palette d’artistes et une présidente et maîtresse de maison, Bénédicte Notteghem-Gousseau, dont les œuvres étaient également exposées. L’atelier reçois de nombreux adhérents, des enfants et dispense des séances de création artistiques à plusieurs reprises chaque semaine.

Au delà de la présentation des œuvres en présence de nombreux artistes locaux conviés pour l’occasion, l’exposition a permis aux visiteurs de découvrir les locaux rénovés où s’exercent les activités de l’association ainsi qu’une chambre d’hôtes attenante dont la présentation était également au programme.

A venir sur le blog « les peintres de nevers », une interview de   Bénédicte Notteghem-Gousseau…

 

 

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L’intégralité du site et des oeuvres sur a-art2

Mono

En mars, les expositions reprennent de plus belle et en ce début de mois, l’une d’entre elles interpelle, Rue Saint-Etienne, à la galerie des Chapelains. Mono, sculpteur, peintre, travaille différentes matières modernes, chimiques, mais il peaufine ses états de surface avec une extraordinaire application, jusqu’à obtenir des apparences proches du bronze ou d’un métal à base d’aluminium ou d’acier. Les sujets aussi interpellent. Des animaux, essentiellement chiens et chats, mais pas n’importe lesquels. Des bulls, des bas, des dogues… chiens méchants. D’autres, plus chattes que chats, petites bêtes plus attendrissantes, disputent la vedette aux gros bras.

Car ces têtes parfois inquiétantes sont montées sur des corps humains, en costumes cravates. Des minotaures modernes en quelque sorte, illustrations peut-être des chiens méchants de la finance, des méchants tout court qui pullulent dans nos sociétés contemporaines ? Le peintre pourrait des fois nous en dire plus ?

A voir avec intérêt en tout cas, tout le mois de mars.

Pierre Duriot

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André Jung :

L’école Estienne, arts et métiers du livre, la publicité, les pastels, le papier velours, le ciel et les nuages, les arbres et la nature… André Jung vit une retraite contemplative sous l’azur nivernais.

André Jung, eut égard à son âge, pourrait être un vieux monsieur, mais il est un jeune artiste, toujours à ses pastels, toujours émerveillé par un nuage d’orage pommelé, par un arbre décharné sous les coups de boutoir de l’hiver, par une mare aux reflets noirâtres. Il aime cette nature forte, génératrice d’émotions brutes, à restituer à l’amateur de peinture, à travers le filtre de l’artiste. Pas peintre, pastelliste, dessinateur, l’homme travaille avec ses craies sur du papier velours, a gardé de son activité professionnelle passée dans la publicité, la rigueur du tait, le souci des formes, des couleurs et des cadrages.

 

« Un arbre n’est à dessiner que l’hiver quand il montre sa vie et son cœur, ses entortillages de branches et son ossature ». Il prélève ses impressions sur le motif, dans la nature mais ne s’interdit jamais de travestir la réalité, de faire œuvre de créativité, il intègre quelque chose de sa personnalité propre. Essentiellement figurative, l’œuvre est à l’image de l’homme, épicurienne, colorée, généreuse, mais également rude et forte, couleur parfois des temps de chiens, aux formes des désastres tempétueux. Le dessin est toute sa vie, l’art toute sa longue retraite, le reflet d’un retour aux sources et à la terre dans une maison au milieu de nulle part, où l’environnement devient la matière première d’un cheminement teinté du temps qui passe.

Pierre Duriot

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